Nous avons découvert Alex Pixelle par le biais des nombreux clichés postés sur son site internet. Séduits par le travail de cette jeune photographe, nous l’avons rencontrée dans un café du centre-ville de Blois afin de lui proposer de mettre une de ses prises de vue à la Une de Centrifuge.

Autodidacte et bénéficiant d’une expérience de dix ans, Alexandra collabore aujourd’hui avec de nombreuses maisons de production parisiennes de spectacles vivants et de cinéma. Il n’en a pas toujours été ainsi puisque, issue d’un BTS Tourisme, Alexandra a dû apprendre et se former par elle-même avant de pouvoir se prétendre photographe professionnelle.

Le déclic

Fille d’un père architecte et artiste, Alex Pixelle a toujours été passionnée d’art. Peu convaincue par son coup de crayon, elle s’oriente vers la photo qu’elle trouve plus facile. « J’ai commencé par faire des photos d’amis au lycée, puis j’ai suivi une compagnie de jonglage », nous raconte-t-elle avec le sourire.

Le déclic a eu lieu lors du tournage d’un téléfilm à Blois en 2009 au Grenier à Sel. « J’ai pris quelques photos sur le vif au milieu de nombreux techniciens avec qui j’ai échangé sur le métier. C’est là que j’ai appris que photographe était un vrai métier, contrairement à ce que j’entendais au lycée », nous explique-t-elle. Alexandra décide donc de se consacrer entièrement à la photographie. Elle utilise Myspace pour valoriser son travail : des vues de Blois au tout début (les rues, le château…) puis très vite, des photos de concerts au Chato’Do à Blois et aux festivals Les Courants à Amboise et Aucard de Tours.

Elle revient avec nous sur ses débuts et nous confie que ça lui a pris du temps de se constituer un book de photos pour se vendre. « Je n’y connaissais absolument rien en photographie. J’ai dû apprendre. Aujourd’hui encore, je n’utilise pas d’outils ou de logiciels poussés comme Photoshop. J’essaie d’être au plus proche du résultat final à la prise de vue, pour ne retoucher que les bases : contrastes, couleurs et saturation via Lightroom. »

Photo Alex Pixelle

De la scène à l’écran

Avec culot, Alexandra propose alors ses services comme photographe de plateau. Et cela fonctionne. « J’ai commencé à faire beaucoup de petites choses gratuitement. J’ai appris au fur et à mesure de mes rencontres avec des techniciens professionnels. Je me suis fait pas mal taquiner au début… et même encore un peu aujourd’hui (rires) ». Une fois le pied à l’étrier, la photographe enchaîne rapidement les prestations : des accréditations pour le compte de nombreux médias, des books pour les artistes, des contrats sur des plateaux de tournage de clips, de téléfilms ou de cinéma.

Aujourd’hui, ses références sont impressionnantes : Muse, Snoop Dogg, Pharrell Williams, Universal, Sony BMG… « Lorsqu’on débute, on n’a rien à perdre. On n’a pas peur de se casser les dents sur un gros contrat alors on n’hésite pas à postuler sur tout ! ».

Photo Alex Pixelle

Photographe indépendant, comment ça marche ?

Comme tout travailleur indépendant, Alexandra doit se vendre même si elle nous explique que ce n’est pas son point fort. Assez timide, elle n’ose pas démarcher de nouveaux clients mais son travail parle pour elle. À travers une quarantaine d’expositions et de nombreuses collaborations, elle a su se faire un nom.

Ainsi, Alexandra a réussi à devenir photographe officielle pour plusieurs festivals comme le Garorock ou le Free Music Festival. « On a moins d’interdictions et plus de liberté que les autres photographes lorsqu’on est officiel », nous explique-t-elle. La photographe tient avant tout à sa liberté. « Il y a des phases dans ma vie où je vais plutôt être portée vers la photo de concerts, d’autres pendant lesquelles je vais plus m’orienter vers le cinéma. C’est souvent lié à mes rencontres. »

Chose rare chez les photographes indépendants, Alexandra arrive à gagner sa vie malgré le côté intermittent de son travail. Elle nous décrit ses coups de bourre : « d’un seul coup plusieurs contrats se superposent et on est obligé d’annuler certaines choses, puis… rien pendant deux semaines. Je dois tout le temps jongler avec mon emploi du temps ».

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Quelles inspirations ?

Lorsqu’on évoque avec elle ses inspirations, Alexandra nous explique qu’il y a des univers qu’elle apprécie beaucoup. « Les clichés en noir et blanc d’Irvin Payne ou de Salgado par exemple… De la photo sur le vif, des portraits, des choses simples… Je ne m’inspire pas forcément forcément de leur travail, je fais tout selon mon feeling du moment. Question cinéma, je suis fan des films avec une esthétique très poussée, à la fois brutale et simple (Emir Kusturica, Cédric Klapisch, Tony Gatlif…). »

Ce que la jeune artiste admire en premier lieu, c’est le travail de ses pairs plutôt que celui des acteurs. « Il y a des films sur lesquels j’ai postulé parce que je voulais absolument collaborer avec une personne. Je m’intéresse plus au casting de l’équipe technique qu’au casting des comédiens. Je pense par exemple à ma rencontre avec Pierre Aïm (ndlr : directeur de la photographie de La Haine – 1995 ou encore de Polisse – 2011).

« J’adore échanger avec des professionnels de l’image »

Du temps pour sa passion

Dans son emploi du temps, il y a des périodes de creux. Alexandra en profite pour continuer la photo mais avec une autre démarche, pas moins artistique. Équipée de ses deux boitiers (un Canon 5D Mark III et un Sony a7R2) et d’une pléthore d’objectifs, elle profite de ses voyages en France et à l’étranger (Irlande, Islande, Italie) pour immortaliser certains paysages. Des vues étonnantes sont à découvrir sur son site internet.

Alex Pixelle souhaite encore explorer les nombreuses facettes de son métier (photos de patrimoine, d’architecture ou encore de sport). La photo animalière est aussi une de ses grandes passions même si elle n’a pas encore osé présenter cette partie de son travail aux professionnels du secteur.

Photo Alex Pixelle

Quelques actus

Les agences de production imposent à la photographe une certaine confidentialité sur son travail tant que les projets en cours n’ont pas été officiellement annoncés. Nous pouvons toutefois vous dévoiler quelques-unes de ses actualités. Elle a travaillé sur le clip Wolf de Chinese Man et sur le film Voyoucratie réalisé par FGKO, qui lui doit notamment la photo de l’affiche.

William Richemond

Plus d’informations :
www.pixellephoto.fr
www.instagram.com/alexpixelle
contact@pixellephoto.fr