IMG_5356Le 9 septembre dernier, le cabaret trans­formiste L’Insolite à Orléans nous a invités à la première de sa trentième revue intitulée Scandaleuses.

Quelques jours avant le lance­ment de la saison, nous avons rencontré ces deux chefs d’entreprise pour la première fois. Nous avons été reçus en toute simplicité dans leur bureau. Rodolphe et Grenadine nous ont raconté l’histoire du caba­ret, qui est un peu leur histoire aussi puisqu’ils y exercent leur activité, respectivement depuis 17 et 25 ans.

Le plus vieux cabaret de la région

Créé en 1988, l’établissement bénéficie d’une longévité ex­ceptionnelle. Expérience et maîtrise sont au rendez-vous. Le public est composé d’habi­tués mais aussi de nouveaux venus. « Celui-ci se rajeunit d’ailleurs », nous confie Grenadine avec fierté. « On a déjà vu plusieurs générations, des personnes qui venaient avec leurs enfants. Quelques années plus tard, nous recevions les enfants devenus adultes, eux-mêmes accom­pagnés de leurs propres enfants. »

Il y a dix ans, Rodolphe et Grenadine rachetaient l’établissement à leur ancien patron à l’occa­sion du départ de ce dernier à la retraite. Ils en ont profité pour moderniser l’identité visuelle du cabaret, rafraichir les lieux et le spectacle sur scène comme dans l’assiette. Aujourd’hui, quatre menus vous sont proposés en amont du spectacle.

IMG_4789Le transformisme, quèsaco ?

Au Cabaret L’Insolite, tous les artistes sont trans­formistes. Mais de quoi s’agit-il exactement ? C’est le travail d’un acteur qui joue un rôle prédéfini et qui suit un scénario comme au cinéma ou au théâtre. Le transformiste se sert d’un artiste connu et travaille à créer une ressemblance grâce au maquillage, aux perruques et aux cos­tumes.

Grenadine nous confie qu’il s’agit pour eux d’une pas­sion avant tout. « Ici, nous sommes quatre comédiens transformistes, deux filles et deux garçons. Cha­cun va apporter sa petite touche personnelle au spectacle. »

Un spectacle intimiste

Le soir de la première, nous découvrons une salle assez petite, autour de 100m². La scène l’est aussi et les loges encore plus, quelques mètres carrés à peine. Trois longues tables accueillent près de 80 personnes. En première partie de soirée, les artistes installent le public et servent le repas. Une façon pour eux de créer du lien avec ceux qu’ils feront rire toute la soirée.

En véritable directrice artistique et meneuse de revue, Grenadine oriente ses artistes tout en leur laissant une grande flexibilité sur leur interprétation. « Nos trois transformistes, qui pour certains sont là depuis dix ans, travaillent autour de personnages célèbres. Des classiques comme Piaf ou Véronique Sanson, d’autres plus récents, en lien avec l’actualité comme Lady Gaga, David Bowie, Matt Pokora et Nolwenn Leroy », continue-t-elle. Une vingtaine de numéros s’enchaînent en moins de deux heures. Ça va très très vite.

La salle est avant tout un terrain de jeu pour les comédiens qui viennent au contact direct de leur public plusieurs fois tout au long de la soirée. Tantôt burlesque, tantôt taquine, Gre­nadine profite de son physique généreux pour entretenir un comique de situation avec ses joyeuses victimes.

Du côté de la création artistique

Forts d’une expérience rare, Rodolphe et Grena­dine maîtrisent sur le bout des doigts la création de leurs spectacles. Plus de six mois sont nécessaires à la création d’une revue. « Nous avons commencé à travailler concrètement au mois de janvier sur les nouveaux numéros alors que nous nous produisions encore sur la précédente revue Daisyr », nous explique Grenadine. « Il y a beaucoup de petites choses, tout est fait maison. Les costumes et accessoires sont fabriqués ici. »

L’équipe est en réflexion permanente sur les nouveaux thèmes et artistes à aborder. « Nous pensons toujours à ce que nous pourrions faire au prochain numéro, souvent un an à l’avance. J’ai déjà pensé à ce que nous allons faire en 2018. Plusieurs idées peuvent être reportées à la saison suivante parce qu’elles ne collent pas avec le thème que nous nous sommes fixés. Ça arrive que nous les oubliions puis, de les ressortir des années plus tard… ».

IMG_5281Scandaleuses… à quel point ?

Dans la salle, il y a des enfants. Alors Rodolphe nous confie avec le sourire que le spectacle contient « quelques numéros scandaleux mais avec des limites bien évidemment puisqu’on s’adresse à toutes les catégories de public. » Vous n’avez donc rien à craindre. Et même si Grenadine se décrit sur scène comme un OFNI (Objet Féminin Non Identifié), elle nous assure qu’il n’y a pas du tout de vulgarité. « Il y a beaucoup d’autodérision, un humour parfois audacieux, parfois scandaleux. C’est un savant mélange de différents numéros très variés, une ambiance générale insolite qui se renouvelle chaque année. »

Textes et photos
William RICHEMOND

CABARET L’INSOLITE
14 Rue du Coq Saint-Marceau
45100 Orléans
www.linsolite.net
Les week-ends et en semaine pour les groupes sur réservation.
Horaires : Les vendredis et samedis soir : repas à 20h et spectacle à 22h30. Les dimanches midi : repas à 12h et spectacle à 14h30.
Infos et réservations : de 54 à 94 € le diner spectacle, 40 € le spectacle seul. Jauge : 80 places.
contact@cabaret-linsolite.com
02 38 51 14 15