Créé en 1994 par Françoise Thinat, le concours de piano d’Orléans se tient tous les deux ans. Salariés et bénévoles de l’association Orléans Concours International (OCI) sont déjà à pied d’œuvre pour accueillir artistes et public, du 9 au 18 mars, à l’occasion de la 13e édition du concours.

Directrice artistique de l’évènement depuis 2015, Isabella Vasilotta nous explique la spécificité de la compétition orléanaise. « C’est le seul concours au monde à être exclusivement consacré aux œuvres pianistiques composées au XXe et au XXIe siècle. C’est un répertoire peu joué, et souvent en marge d’autres choses. Cela nous rend vraiment uniques », analyse-t-elle. Durant le concours, Ravel, Prokofiev, Rachmaninov, Saint-Saëns et bien d’autres seront donc à l’honneur.

La crème de la crème

La rareté n’empêche pas la recherche d’excellence. « Tant sur le plan de l’organisation que par le niveau des pianistes sélectionnés, nous sommes à la recherche de la perfection », continue Isabella Vasilotta. « Certains de nos lauréats sont désormais reconnus comme des étoiles du piano contemporain et connaissent le succès dans le monde entier. On peut notamment citer Toros Can (lauréat 1998) ou Winston Choi (lauréat 2002). C’est très important pour nous car c’est avant tout le niveau des lauréats qui fait la renommée d’un concours », conclut-elle. Conséquence de la bonne réputation du concours, les organisateurs reçoivent en moyenne une centaine de candidatures à chaque édition. L’idée est d’en retenir entre 30 et 40. « Pour être certains de prendre les meilleurs, on ne sélectionne pas sur disque, mais sur le programme qu’ils proposent. On recherche des artistes qui ont constitué des programmes avec une vraie cohérence, pas simplement ceux qui recherchent à accrocher les différents prix attribués », résume la directrice artistique. Concernant le concours proprement dit, les candidats auront quatre épreuves pour démontrer qu’ils maîtrisent toutes les facettes du piano contemporain.

Le début d’un marathon

Pour les lauréats, c’est alors le début d’un marathon. Pendant deux ans, ils multiplieront les concerts et les masterclass. Ils donneront même quelques conférences, se mettant à l’épreuve comme les pianistes professionnels qu’ils seront à la fin du cycle. Au total, en deux ans les différents lauréats auront donné une cinquantaine de concerts. Ainsi, ces 24 derniers mois, Takuya Otaki, Marianna Abrahamyan et Philippe Hattat, les trois principaux lauréats de l’édition 2016, ont eu l’occasion de jouer en Russie, en Argentine ou encore en Italie. « On voudrait vraiment institutionnaliser ces tournées et trouver les partenariats dans des pays dans lesquels nous sommes encore peu ou pas présents. Je pense à certains pays d’Europe de l’Est, à l’Allemagne, à l’Angleterre ou encore aux États-Unis », détaille Isabella Vasilotta.  En France, Reims, Metz ou Paris ont également pu découvrir les lauréats de l’édition 2016.

Une tournée dans la région

En novembre 2017, affirmant ainsi sa volonté d’oeuvrer au développement du répertoire pianistique contemporain sur son territoire, l’équipe de l’OCI a organisé une tournée de Takuya Otaki, vainqueur de l’édition 2016, dans la région (Tours, Montargis, Châteauroux, Châteaudun, Blois, Orléans, Vierzon, Bourges, Gien et Amboise) : dix villes pour dix concerts et masterclass qui ont attiré un public nombreux. L’opération sera donc reconduite. Chacun des candidats construit le programme de ses concerts en collaboration avec Isabella Vasilotta. « L’idée c’est de mettre en valeur les spécialités des différents pianistes. Cela fait partie de mon travail », explique-t-elle. Ainsi, le programme de Takuya Otaki était axé sur la virtuosité, celui de Marianna Abrahamyan sur la sensibilité et celui de Philippe Hattat sur la technique.

À la recherche des talents de demain

Les années impaires, pas de concours à proprement parler. Pour l’OCI, c’est l’occasion de mettre en avant les talents de demain à travers un événement répondant au nom de Brin d’Herbe. Ouverte aux jeunes pianistes âgés de 6 à 18 ans, la précédente édition, qui s’est tenue du 6 au 9 avril 2017, avait permis à 25 jeunes de huit nationalités différentes de montrer leurs qualités. L’été dernier, les lauréats de Brin d’Herbe ont eu l’occasion de se produire en plein-air dans quatre lieux d’exception que sont le Parc Floral de La Source (45), les jardins du Château d’Amboise (37), les jardins du Château de Villandry (37) et les jardins du Château de Valmer (37). « Une bonne occasion de faire découvrir nos activités à des personnes que l’on ne verrait peut-être pas dans une salle de concerts », conclut Isabella Vasilotta.

Benoît Labandibar

LES CONCERTS :

Jeu. 8 mars : Salle de l’Institut à Orléans – Tirage au sort et inauguration du 13e Concours international de piano d’Orléans.

1ère épreuve, 9, 10 et 11 mars, Salle de l’Institut à Orléans – Une quarantaine de candidats, 25 minutes maximum par candidat. Épreuve technique pour laquelle chaque candidat devra présenter deux études de virtuosité parmi les listes 1 et 2 + une œuvre qu’il a composée ou qui a été composée pour l’occasion par un jeune compositeur + un extrait des Études, des Préludes ou des Images de Debussy. 5 € par jour.

2e épreuve, 12 et 13 mars, Salle de l’Institut à Orléans – 15 candidats, 50 minutes maximum par candidat. Chaque candidat devra présenter une ou deux oeuvres des compositeurs liés à un Prix « Mention Spéciale » + une œuvre de la liste 3, une œuvre de la liste 4, une oeuvre de la liste 5. De 5 (tarif réduit) à 10 € (tarif plein) par jour.

3e épreuve, mer. 14 mars, Salle de l’Institut à Orléans – Soirée récitals, 7 candidats, 40 minutes maximum par candidat. Chaque candidat devra présenter une ou deux oeuvres des compositeurs liés à un Prix « Mention Spéciale » + choix libre d’une oeuvre composée entre 1900 et 2018. Les candidats devront choisir le programme de leur récital de façon à ce que celui-ci reflète leur personnalité et leur perception de l’esprit du concours. De 5 à 10 €.

Finale, dim. 18 mars, Théâtre d’Orléans – 3 candidats. Au programme : Arpège pour six instruments (1986 – 12’) de Franco Donatoni, avec la participation de mdi ensemble, sous la direction de Yoichi Sugiyama + Au Coeur de l’Oblique pour piano solo (2018, commande spéciale de l’OCI) d’Hèctor Parra + une oeuvre au choix entre Goyescas : El Amor y la Muerte (1911) d’Enrique Granados ; Préludes et fugues op. 87 : 24e Prélude et Fugue (1950) de Dimitri Chostakovitch ; Sonate en mi bémol mineur : 3ème mouvement (1901) de Paul Dukas. De 7 à 24 €.

Lun. 26 mars : Concert au Théâtre des Bouffes du Nord (Paris) avec les principaux lauréats du concours.

* les différentes listes (représentatives des différentes facettes du piano contemporain) sont disponibles sur www.oci-piano.com de même que les horaires des concerts.

Infos et réservations : 30 € pour les éliminatoires, les demi-finales et l’épreuve récital. 45 € pour la totalité du concours.
www.oci-piano